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Les achats compulsifs de l’oniomanie : acheter plus pour souffrir moins

La vie psychique n'est pas imperméable au contexte sociale dans lequel l'être évolu : l'humain est un être de civilisation. De ce fait, dans un imaginaire nourri par le contexte sociale ( publicités sentimentalistes, ventes flash, tableaux idylliques de la famille réunie ) fêter Noël peut être entendu comme une injonction à être heureux, ou comme l'échec de ne pas y parvenir, au risque de paraître « anormal ». Ainsi, l'émulsion, voir la frénésie ambiante, qu'il peut y avoir autour de ce jour de fête rend d'autant plus criant les conflits internes propres à chacun. Tel est le cas pour les personnes qui vivent la douloureuse expérience des achats compulsifs de l'oniomanie. Un psychologue peut-il aider à faire face à cette perte de contrôle qui pousse à acheter au risque d'en subir des conséquences graves dans la réalité?



Achat compulsif oniomanie

Quelles sont les causes des achats compulsifs ?


Enjolivée ou minimisée sous l'appellation de « fiévre acheteuse », la compulsion de répétition* à l'origine des achats compulsifs exprime une véritable souffrance. Les conséquences de cette symptomatologie peuvent avoir des répercussions néfastes dans la réalité de la personne qui en souffre : endettements, conflits familiaux, séparations, perte d'emploi, pensées suicidaires.


Accueillis par la méthode psychanalytique, les achats compulsifs de l'oniomanie ne constituent pas à eux seuls un diagnostic.

Ils s'inscrivent dans une dynamique psychique dont la structure en détermine la fonction.


Ainsi, selon la structure névrotique, psychotique ou perverse, par la compulsion de répétition, les achats compulsifs de l'oniomanie :


  • visent à retrouver le sens du conflit à l'origine de la souffrance,

  •  tiennent une fonction de défense contre des éprouvés non symbolisés.

  • relèvent d'un enjeu existentiel,

  • viennent colmater ce qui rend le réel insupportable à vivre.


Pour cela, le traitement par la psychanalyse respecte et travaille à partir de ces symptômes, là oú d'autres approches dites "thérapeutiques" ont pour objectif de les faire taire.


Les fêtes de Noël peuvent-elles être à l'origine des achats compulsifs de l'oniomanie?


Pour des personnes qui sont déjà en souffrance dans leur vie amoureuse, familiale, amicale ou professionnelle, la période des fêtes ravivent les pensées qui font souffrir du fait : de secrets, de conflits familiaux, de rancoeurs, de regrets, d'isolement, de maladie, du deuil reviviscent d'un être cher ou détesté, de souvenirs d'agressions en cette période de fête, de souvenirs d'enfance douloureux, de vécus de maltraitances ordinaires ou avérées, etc. L'oniomanie fait partie des pratiques régies par la dynamique inconsciente pour éviter l'angoisse et la souffrance de l'émergence de certains affects.


En psychothérapie, en tant que clinicienne, j'entends souvent « malgré mes problèmes financiers », « malgré les remarques des autres », « malgré que ma femme m'ait quitté », « malgré ma honte, je recommence...», « c'est plus fort que moi, il faut que j'achète! », « ...et à Noël c'est encore pire » .


Être conscient de son symptôme, et ne plus vouloir en souffrir, ne donne pas pour autant le contrôle dessus. Un dénouement ne s'achète pas. Le « Moi n'est pas maître en sa demeure ». Au fil des séances, les associations de pensées, révèlent la tyrannie des instances intrapsychiques. Dans la sphère inconsciente, la force psychique de la résistance du surmoi, pousse les instances intramoïques à agir pour tenter de satisfaire les idéaux du Moi. Dans le cas des achats compulsifs de l'oniomanie, il s'agit d'acheter impérativement, tout de suite, pour ne pas manquer, pour être valorisé, reconnu, considéré, pour soulager, même si les conséquences sont néfastes pour soi ( endettement, conflits, séparation ).


Les achats compulsifs de l’oniomanie : acheter plus pour souffrir moins?


Les patients le disent très bien. Il ne s'agit plus d'envie ou de plaisir mais d'une injonction à jouir, dans le sens psychanalytique d'une convocation à atteindre un extrême inaccessible et in fine douloureux : acheter plus, pour souffrir moins. L'être est ainsi poussé dans ses retranchements. L'acte d'acheter, d'obtenir l'objet convoité, apparait comme la seule solution pour décharger la tension, pour accéder à l'accalmie ou compenser la douleur.


Achat compulsif oniomanie

Par ce biais de l'achat, le passage à l'acte a pour stratégie d'éviter ou de nier l'angoisse inhérente au conflit psychique. Mais le calcul inconscient bénéficz-risque, n'est pas un bon calcul : il se fait au détriment de la résolution du noeud à l'origine de la constitution du symptôme.

Les pensées qui suivent le passage à l'acte indiquent qu'il n'est jamais fait en faveur de l'être : « je me retrouve avec plusieurs objets identiques, je me sens ridicule » ( Monsieur G., 32 ans) , « je ne me tiens pas à ce que je dis, ma parole ne vaut rien (...) je ne vaux rien » ( Madame V. 58 ans).


Ce qui est en scène dans l'achat compulsif raconte pour chaque personne une souffrance différente. Par exemple, un symptôme comme l'angoisse de ne pas être à la hauteur des attentes supposées de l'autre, peut être exprimée par la majorité des personnes qui souffrent d'oniomanie. Pour autant, la singularité des histoires personnelles, parlée à la lumière des associtions libres des pensées, laisse apparaitre pour chaque individu des éléments de vérités qui leur sont propres.


Le soulagement est possible dès lors que le passage à l'acte, dans le champ opératoire de la psychothérapie, est pensé, parlé, dit avec les affects réactualisés, puis associé à de «nouvelles» représentations.



Achat compulsif oniomanie

De l'envie au désir...


L'imaginaire pousse l'être à vouloir un objet, lui faisant croire que c'est la réalité de cet objet qui va le satisfaire. Mais l'expérience lui montre qu'il s'agit là d'un leurre, puisque la promesse n'est pas tenue : l'insatisfaction est toujours là, qui plus est douloureusement. La psychothérapie est une première étape pour amorcer la transformation de ces passages à l'acte en parole. Rencontrer son manque, dire les éprouvés qui en émanent, apaise les instances psychiques. La psychanalyse est un autre pan de la psychothérapie. C'est une méthode élaborée à partir de l'expérience clinique de patients qui ont eu le désir d'apprendre quelque chose de la constitution de leur symptôme. S'interroger sur ses symptômes est la voie royale vers son désir et in fine, vers le dénouement des conflits psychiques à l'origine de la constitution de ses symptômes.


Pour traiter votre oniomanie, ou vos angoisses autour de Noël, en commençant une psychothérapie, Aubène Traoré - psychologue clinicienne, vous reçoit au 13 Rue du Crochet à Deuil-la-Barre.


Pour une urgence, quel que soit le jour, quelle que soit l'heure, vous pouvez appeler le 06.58.74.10.39. 


La prise de rendez-vous est aussi accessible sur

* « Cliniquement, type de conduites que le sujet est poussé à accomplir par une contrainte interne. Une pensée ( obsession), une action, une opération défensive, voire une séquence complexe de comportements sont qualifiés de compulsionnels lorsque leur non-accomplissement est ressenti comme devant entraîner une montée d'angoisse.», Pontalis J.-B., Laplanche J., Vocabulaire de psychanalyse, Éditions PUF, 1968, p.84.

Aubène Traoré Psychologue clinicienne

Psychothérapie et Psychanalyse 

à Deuil la barre, Val'Oise

Rendez-vous sur doctolib.fr ou au  06.58.74.10.39.

© 2023 par Aubène Traoré

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