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Les effets de la psychanalyse

Aubène Traoré

Psychologue clinicienne

Deuil La Barre, le 29 mars 2026


Après avoir rédigé quelques lignes sur l'utilité de la psychanalyse, il me semble important de poursuivre cette réflexion, et ce partage d'expérience en abordant à présent les effets de la psychanalyse. Qui d'autres que les psychanalysants pour donner la preuve scientifique des effets de transformation et de construction de la psychanalyse ?




Vignettes cliniques : les effets de la psychanalyse parlés par les premiers concernés


  1. Anna 40 ans, sans emploi, en séance téléphonique d'urgence : « On vient de se disputer (...) je viens de me disputer avec mon mari. C'est la première fois que je me rends compte que c'est violent ». Nommez ça. « Ses insultes (...) Ça fait 5 ans que je vis avec un homme qui m'insulte, m'humilie et c'est la première fois que je m'en rends compte (...) Avant je pensais que c'était la norme ». Avant quoi?

  2. « Avant ma psychanalyse. Mais oui, c'est depuis que je suis en psychanalyse que je prends au sérieux ce que je ressens ».


  3. Marine, 22 ans, hôtesse de caisse, en séances de psychanalyse : « (...) depuis quelques semaines j'ai remarqué que la relation avec mon fils a changé. Il ose me dire quand il a mal, me raconter sa journée d'école, et même me contredire. Je pense qu'avec ma psychanalyse j'ai un endroit où je peux pleurer, où je peux exprimer ma colère, il ne doit plus se sentir obligé de m'épargner. Si c'est ça, il a raison, je suis plus solide qu'avant par ce que depuis mes séances j'arrive à me remettre en question sans me sentir dégradée ».


  4. Mounir, 35 ans, préparateur en pharmacie, en séance de psychanalyse :

  5. « Mon responsable m'a convoqué pour me féliciter de mon travail. Apparemment je fais un travail de meilleure qualité. J'étais étonné, je fournis le même travail mais en faisant moins d'efforts. Je pense que ma psychanalyse y est pour quelque chose parce qu'avant j'étais tellement envahi pas des calculs sans queue ni tête, des remises en question sans fin, des images qui surgissaient à n'importe quel moment, que je n'arrivais pas à me concentrer sur mes tâches et je me sentais tout le temps épuisé ».


  6. Fanny, 19 ans , redoublant sa terminale, en séance de psychothérapie : « Cette fois, sans exagérer, j'ai passé les meilleurs vacances de ma vie! J'ai passé 3 semaines avec mes parents sans aucune dispute. Même quand mon père sortait ses blagues humiliantes, ça ne me touchait pas. Je me levais et j'allais me promener ou appeler mes copines. Et je n'ai pas laissé ma mère venir se plaindre de mon père et se confier à moi sur leurs problèmes sexuels. Sans ma psychothérapie je ne pense pas que j'aurais trouvé le courage de lui mettre un stop. Je sens que ma psychothérapie me fait changer ».


  7. Alexandre, 53 ans, travailleur social, en séance de psychanalyse : « (...) je ne comprends pas pourquoi, j'ai des images de mon enfance en tête (...) ce sont des souvenirs qui me reviennent depuis quelques jours. Je pense que c'est à cause ma psychanalyse. Heureusement que je peux en parler en séances (...) ».


  8. Romain, 48 ans, avocat en arrêt maladie, en séance de psychothérapie depuis 2 mois : « (...) ça fait des années que j'ai cet ulcère. Combien? Au moins 7 ans. C'est bizarre, j'ai beaucoup moins mal. Depuis combien de temps? Depuis 1 mois environ (...) Non je ne pense pas que ce soit un effet de ma thérapie. J'ai déjà vu des psy et j'allais tout de suite mieux quand je leur parlais. Javais toujours mal à mon ulcère mais c'est normal c'est un ulcère chronique. Là je pense que j'ai moins mal parce que les médicaments commencent à faire effet. Il faut dire que comme je suis moins stressé, je les prends plus régulièrement. Oui, ça c'est depuis ma psychothérapie ».


  9. Rima, 26 ans, en psychanalyse : « (...) comme vous êtes intervenue, j'ai fini par aller voir un médecin pour mes boutons sur le dos et les pieds. Quel soulagement! il m'a dit que c'était des boutons de stress (..de la dermatite ), Il m'a donné une crème . Et je ne voulais pas dit mais souvent le soir, dès que j'avais des mauvaises pensées où que je ruminais, avant d'aller me coucher, je m'en rendais même pas compte, mais je me grattais le dos, à sang! Depuis que je fais les séances d'urgence, Je ne me gratte plus ».


  10. Cinthya, 28 ans, en psychanalyse dès sa première séance : « (...) maintenant, quand mon copain me parle, j'accepte qu'il ne me comprenne pas. Avant, tout était personnel». Avant quoi? « Avant ma psychanalyse. Je comprends maintenant qu'il a sa manière de réagir et que ça ne me concerne pas ».


  11. Alimata, 37 ans, enseignante à l'université, en psychanalyse : « J'ai enfin eu un rapport sexuel normal avec mon conjoint. Normal? Je veux dire un rapport sexuel où il a pu me pénétrer et que j'ai ressenti du plaisir. Je suis contente d'avoir suivi les conseils de ma gyneco et de venir vous voir (...) Oui, je suis persuadée que c'est ma psychanalyse qui a m'a permis ça (...) de vivre mon premier rapport sexuel sans douleur et avec plaisir ».


  12. Théo, 21 ans, étudiant en BTS-SIO, en psychothérapie par téléphone, puis en psychanalyse au cabinet : « j'étais venu vous voir pour ma peur de vomir, je ne pensais pas qu'un jour je pourrai vivre normalement. Normalement, je veux dire, sans avoir peur sans arrêt qu'il arrive quelque chose de dramatique, sans cette peur qui me bouffait de l'intérieur de voir quelqu'un ouvrir la bouche sans savoir ce qui peut en sortir, cette peur d'attraper une maladie, d'accepter les sorties ou les repas de famille, d'entendre les machoirs des autres. Je ne suis pas sûr que ce soit ma psychanalyse qui m'aidé. En fait j'ai réalisé que j'ai commencé à me sentir mieux depuis mes séances par téléphone ».


  13. Aubène Traoré, psychologue clinicienne, en psychanalyse : j'ai exercé des années auprès de personnes en souffrance, sans me rendre compte que j'étais moi-même en peine pour construire ma vie. Mes années d'analyse m'ont beaucoup apportées, notamment un apaisement et une meilleur confiance en moi. À présent, depuis que je suis en psychanalyse, je remarque que des symptômes physiques que je supportais, depuis des années, n'existent plus. J'ai plaisir à étudier pour moi-même et pour une pratique clinique envers laquelle je suis reconnaissante : ma psychanalyse .


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La psychanalyse peut-elle rendre heureux ?


Un clinicien n'est pas un professeur : il ne prépare pas sa séance à l'avance. C'est ainsi qu'il suit, comme un bon partenaire de danse, comme un bon adjoint du capitaine, le ryhme du patient ou du psychanalysant. il découvre chaque fois la singularité de la dynamique psychique des êtres qui demandent de l'aide en commençant une psychothérapie ou une psychanalyse. Nous comprenons que dans une époque qui vise à uniformiser les individus, qui encourage l'artifice de la bienveillance, qui galvanise l'ego, la force de se battre, et l'amour de son prochain comme gage de bonté, la psychanalyse et sa méthode qui permet à l'être de s'émanciper à partir de sa singularité, peut être douloureusement pensable, voire acceptable.


Disons le encore : au delà du commun d'un symptôme, chaque être a une manière personnelle de vivre un évènement, de l'appréhender, d'en garder le souvenir ou de le refouler. La psychanalyse opère à partir de cette singularité. C'est bien ce qui la rend complexe et insaisissable pour ceux qui ne s'y intéresse pas. Peut-être que pour oser en vivre les effets, il est intéressant de se poser certaines questions.

Pourquoi y a-t-il encore tant de personnes en souffrance qui s'accrochent à leurs psychanalyse pour construire leur existence? Pourquoi y a-t-il t encore tant d'analystes, de cliniciens, de psychanalystes, de professeurs, d'étudiants qui poursuivent leurs formations en psychanalyse ? Comment, malgré des déclarations publiques dénigrantes, les psychanalystes continuent d'augmenter chaque année le nombre de leurs consultations?


Les vignettes cliniques que vous venez de lire, répondent d'elles même

à ces questions : la psychanalyse est une méthode psychothérapique qui produit des effets sains et notables pour la personne qui suit sérieusement la règle fondamentale d'associer librement ses pensées. Cette méthode doit son efficacité au fait qu'elle repose sur le savoir du patient sur lui-même, non sur le supposé-savoir du clinicien.

La formation du clinicien, lui sert essentiellement à tenir sa position d'accueil, d'écoute, de présence. Elle lui est indispensable pour savoir intervenir en séance, avec mesure, sans entacher, ni ralentir la navigation psychique du psychanalysant.


Des années d'études pour cela, ainsi qu'une psychanalyse personnelle tout le long de son exercice!


À savoir maintenant si la psychanalyse peut rendre heureux...c'est encore une autre affaire...


À suivre...



Par respect de la confidentialité, vous découvrez ici des identités de patients et psychanalysants modifiées, exceptée la mienne.


Aubène Traoré Psychologue clinicienne

Psychothérapie et Psychanalyse 

à Deuil la barre, Val'Oise

© 2023 par Aubène Traoré

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